samedi 26 septembre 2015

Dyssynchronies & inhibition intellectuelle

Pour faire suite à notre rdv avec le médecin du CMPP je partage ici un article très complet sur le sujet trouvé ici: http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2009/05/24/dyssynchronies-et-inhibition-intellectuelle/
Ce que vraisemblablement ce monsieur n'a pas perçu avec Loulou ni même lu dans le diagnostic de la psychologue lors des tests est pleinement expliqué ici. Le combat pour faire connaitre et défendre ses EIP (enfant intellectuellement précoce) demeure.  
Le surdouement n'est pas défini par une avance sur les autres sur le plan de l'instruction ou de l'apprentissage. Un EIP se positionne sur des échelles de compréhension, d’interprétation & de questionnements radicalement différentes d'un enfant dans la norme.

 Dyssynchronies & inhibition intellectuelle

Le psychologue Jean-Charles Terrassier a mis en lumière il y a quelques années ce que l'on appelle le syndrome de dyssynchronie (& qui n'a rien d'une maladie ;) ) qui touche de nombreux petits zèbres.

Dyssynchronie ? Mais que se cache-t-il derrière ce mot étrange & barbare, me direz-vous :?: :?: :?:

zebra_pony
La dyssynchronie est tout simplement l'expression d'un décalage dans les différents aspects de la personnalité de l'enfant surdoué.

Pour être tout à fait exact & précis, on ne parle d'ailleurs pas d'une dyssynchronie, mais de plusieurs formes de dyssynchronies possibles :up:

• La dyssynchronie dite "interne", qui se manifeste tant sur le plan  affectif que psychomoteur. Elle se repère facilement lors de la passation d'un test de QI (WPPSI ou WISC pour les enfants, selon leur âge) en ayant pour conséquence classique une écart important entre QI Verbal & QI de Performance.
Elle a pour conséquence visible une hétérogénéité entre le développement intellectuel d'une part (très rapide, très fluide) & d'autre part le développement affectif & psychomoteur (tous deux en décalage par rapport aux facultés intellectuelles de l'enfant).

Alors méfiance, il ne faut pas mal interprêter ce que je suis en train d'écrire, notez bien le "en décalage par rapport à l'aspect intellectuel de la personnalité".  Il ne s'agit donc pas d'une insuffisance dans l'absolu, mais bel & bien une insuffisance relative, c'est à dire à hauteur de leurs extraordinaires facultés sur le plan purement intellectuel.

Sauf problème psychomoteur avéré (qui, si c'est le cas, sera détecté au cours d'un bilan chez un psychomotricien - toujours vivement conseillé en cas d'hétérogénéité des indices, afin justement d'écarter tout problème de ce type), ces enfants doués ne sont pas en retard sur le plan moteur ou affectif, mais leur développement cérébral est si poussé & rapide que le reste a littéralement du mal à suivre. Les tests psychométrique mettent facilement en évidence cette différence, voire  sur certains enfants doués, ce gouffre qu'est la dyssynchronie interne.

:arrow: attention, il ne faut pas confondre "immaturité affective" (terme employé à tort & à travers par les enseignants comme certains parents à propos des EIP, là où il n'y a souvent qu'une hypersensibilité injustement taxée d'immaturité :!: ) & dyssynchronie affective qui, elle, s'explique parfaitement :-x

Prenons l'exemple d'un enfant HP de 10 ans : il peut avoir des capacités intellectuelles équivalentes à celles qu'aurait un enfant de 14 ans (ce qui ne veut pas dire qu'il aura la mentalité d'un enfant classique de 14 ans, entendons-nous bien ! Un enfant surdoué a un mode de pensée, un fonctionnement cognitif, qui ne sera jamais celui d'un enfant classique, même si ce dernier est plus âgé. Le surdouement n'est pas défini par une avance sur les autres sur le plan de l'instruction ou de l'apprentissage. Un EIP se positionne sur des échelles de compréhension, d’interprétation & de questionnements radicalement différentes d'un enfant dans la norme). Mais il peut aussi avoir un développement psychomoteur d'un petit enfant de 6 ans, & les besoins affectifs d'un enfant de 8 ans :-|

Ces disparités sont d'autant plus difficiles à vivre pour lui que, de par sa grande acuité, il en a souvent pleinement conscience. Et malgré qu'il sente qu'il n'est pas au même niveau selon les domaines, il se sent impuissant face à ce problème. 

Différences dans le développement intellectuel, affectif & comportemental de l'EIP

La psychologue Jeanne Siaud-Facchin considère pour sa part, & le dévelope dans ses deux ouvrages (voir la page "Biblio") qu'une différence de plus de 12 points (sur l'échelle de Weschler) est à considérer comme une hétérogénéité la sphère verbal & la sphère performance. Plus classiquement, les psychologues s'accordent à dire qu'au delà d'un écart-type (soit 15 points), il y a hétérogénéité.

La différence entre sphère verbale & sphère de performance peut se voir dans les 2 sens : verbal > performance ou performance > verbal.

Dans chacune des configurations, la signification ne sera pas la même.
Cette différence peut être grosso modo d'un écart-type (15 points), comme de beaucoup plus : une 20aine, une 30aine de points, voire plus de 50 points chez certains profils.
Là encore, seul le psychologue est en mesure d'analyser & d'interprêter chaque situation dans son contexte.

Ainsi prenons l'exemple d'un enfant qui obtiendrait les scores suivants (sur l'échelle de Weschler) :
- ICV de 145
- IRP de 120

Il aurait une hétérogénéité importante (de 25 points, soit bien plus qu'un écart-type), ce qui traduirait une dyssynchronie interne (après avoir écarté l'hypothèse d'un problème psychomoteur), le QI de raisonnement perceptif étant en effet plus bas que le QI de compréhension verbale... mais tout de même bien au delà de la moyenne absolue (qui est située à 100 !  ne l'oublions pas)

Ce genre d'écart n'est pas rare chez les personnes douées, bien au contraire.
Ainsi, ce chiffre de "seulement" 120 est malheureusement minoré par le score Verbal très élevé, mais n'en demeure pas moins important au regard de la moyenne établie (la norme fixée).
Il faut donc bien garder en tête qu'un enfant (comme un adulte) avec un tel score n'a aucun déficit par rapport à sa classe d'âge (c'est même l'opposé, puisqu'il surpasse de 20 points la moyenne :!: ).
Ce sont les inégalités internes entre les différentes sphères de sa personnalité qui créeront la sensation de décalage 8-O


• La dyssynchronie dite "sociale" est présentée par J-C Terrassier comme se manifestant entre l'enfant & son entourage (que ce soit le système scolaire, les autres enfants).

L'école n'est, en règle générale, pas adaptée à l'accueil des élèves qu'elle désigne du reste comme étant à besoins spécifiques, & pour cause : l'Education Nationale en France prône l'égalité des chances & a une forte tendance à occulter les différences de capacités intellectuelles.
Ainsi le système éducatif français a été crée pour convenir au plus grand nombre, c'est à dire à des enfants dans la norme, qui avancent à un rythme déterminé à l'avance. Les enfants étant hors norme, quelle que soit leur différence, posent souci dans ce système :-?

Les enfants doués, qui sautent des étapes seuls, & n'ont pas la même manière d'envisager les choses se sentent très rapidement isolés au milieu des autres. Ils finissent par s'ennuyer, se désintéresser de l'école, qui ne va pas à leur rythme, & qu'ils devancent sans cesse dans leurs découvertes.

De même, face à leurs petits camarades de classe, les enfants intellectuellement précoces subiront encore ce terrible décalage & en souffriront inévitablement. Certains feront avec & d'autres n'arriveront pas à surmonter cetts solitude.
Pas assez physiques ou pas intéressés par les jeux collectifs pour jouer avec les plus grands, trop avancés intellectuellement pour discuter avec les "petits"...  les EIP cherchent leur place en permanence face aux autres enfants :oh:

Quand ils le peuvent, ils choisissent bien souvent... les adultes !
Car malgré le rejet de certains adultes, qui ne voient pas pourquoi ces enfants atypiques ne se contentent pas d'aller jouer avec les autres, la population adulte reste malgré tout la seule avec qui les enfants HPI se sentent libres de discuter de sujets qui le passionnent.

La difficulté à intégrer un groupe d'amis est souvent grande. Le problème est amplifié à l'école quand le découpage des groupes se fait uniquement en fonction de critères d'âge !  Le meilleur camarade pour un enfant doué étant certainement un autre enfant doué. Mais encore faut-il avoir la chance d'en rencontrer un dans la classe, & à condition encore que cet autre HP soit dans le même "trip" que votre enfant.

J'ouvre une petite parenthèse pour ajouter une anecdote (par rapport à l'écriture initiale de ce billet en mai 2009) : le zébrillon a eu alors qu'il n'avait encore qu'un an d'avance & était en CE1, un autre garçon HP dans sa classe. Ils avaient le même âge, tous avaient un THQI... mais la ressemblance s'arrêtait là. Ils étaient diamétralement opposés dans leurs personnalités, dans leur façon d'être ou leurs passions. Le mien, très posé, très gentil & calme ne comprenait pas cet EIP vraiment très agité, qui frappait beaucoup (!), parlait très fort & ne tenait pas en place, tant dans la classe que dans la cour de récréation.
Finalement, l'année scolaire s'est déroulée sans qu'ils n'aient jamais sympathisé tous les 2 !!! :roll:

Je referme la parenthèse...
Conséquence directe de cette difficulté à s'intégrer & trouver sa place parmi les autres : l'inhibition intellectuelle :oops:

Ou comment renoncer à l'exercice d'une partie de son intelligence afin d'être mieux accepté des autres, ou en tous cas, afin de ne pas être plus rejeté encore par eux...

Si cette inhibition est identifiée rapidement & prise en charge, expliquée, soignée ; il ne s'agira pas d'une perte définitive du potentiel intellectuel. Seulement d'une baisse de tension si on peut dire, avec un déficit momentané & récupérable de l'efficience. Le risque étant malheureusement que cette inhibition passe inaperçue des années durant, & s'installe. Qu'elle ne laisse derrière elle de trop importantes séquelles dans la construction de la personnalité pour pouvoir recouvrer les capacités d'origine.


Mon zébrillon avait commencé à s'enfermer dans une inhibition intellectuelle qui a été mise en évidence par son 1er bilan psychométrique (Wppsi, passé à 4 ans & quelques mois).
La psychologue nous avait alors fait part de l'urgence de lui faire prendre conscience du fait qu'il ne serait pas mieux accepté par ses camarades de classe en sacrifiant une facette de sa personnalité & en inhibant de toutes ses forces ses facultés, ce qu'il s'épuisait à faire pour tenter de se mettre au niveau des copains.


Il va sans dire qu'il n'avait, en fait, aucune idée du niveau exact de ses petits copains d'école. Par conséquent, pour être certain de se fondre dans le moule & leur ressembler, il mettait la barre très très bas, & jouait à l'imbécile absolu, prenant exemple sur les enfants les moins évolués de la classe... & faisant pire qu'eux dans la cour (en classe, il savait déjà lire & commençait à s'ennuyer ferme) :-o

Le soir même de l'entretien de restitution (auquel il avait assisté, car nous pensons qu'il est primordial pour un enfant de savoir, pour se construire de façon sereine & harmonieuse), en remplacement de la traditionnelle histoire du soir au moment du coucher, je proposais que l'on reparle du rendez-vous chez la psychologue. Afin de réexpliquer ce qui aurait pu être mal interprété, mais aussi de commencer à lui faire intégrer la nécessité impérieuse de bien cerner pour accepter une différence aujourd'hui identifiée, & à laquelle on peut donner une identité, un nom.


Je me lançais donc dans une longue explication, au chevet du lit de mon loustic. Lui indiquant qu'il ne pourrait jamais faire l'unanimité chez ses camarades  ou les gens qu'il croiserait dans sa vie. Qu'il y aurait toujours des enfants qui viendraient vers lui & qui l'apprécieraient, comme d'autres qui le rejetteraient, quoi qu'il puisse faire ou dire. Mais qu'en tout état de cause il n'était pas indispensable pour se faire aimer de ses camarades de classe de travestir ce qu'il était, car il était différent & cela se voyait, se sentait, même en dépit de ses efforts pour ne pas le montrer.
Qu'au contraire, il fallait être soi-même, ne serait-ce que pour être bien dans sa peau & ainsi, avoir de véritables amis qui nous ressemblent & avec qui il est possible de partager des passions communes, des sujets de discussions intéressants.


Très attentif à mon discours, le zebrounet m'avait répondu ceci :

- Je voudrais vraiment pouvoir le faire maman, mais ma tête décide quelque chose & mon corps fait autrement.

A 4ans, la conscience de ces dyssynchronies comme des difficultés à les faire reculer était entière :hypno: :cry:



Liens relatifs aux dyssynchronies & à l'inhibition intellecuelle :


Et les ouvrages des 2 psychologues cliniciens cités dans ce billet :

         

Sur le chemin des apprentissages à la maison il y a...

cette année Loulou est au CP et son envie de lire et d'écrire est immense, bien plus grande que sa peur de l'échec alors il faut pouvoir l'aider et l'accompagner avec plaisir et efficacité.

Depuis ses 4 ans nous avons à la maison "l’extraordinaire abécédaire de Balthazar" et "Balthazar découvre les phonèmes" suivant la pédagogie Maria Montessori.


Grâce et avec eux il a pu se familiariser avec les lettres, les sons ce qui est un plus en ce début d'année scolaire.
L'application Android sur "L'Escapadou" pour le geste et l'apprentissage de l'écriture a été très positive aussi.
https://play.google.com/store/apps/developer?id=L%27Escapadou&hl=fr
Parfois je le surprends à y aller seul avec plaisir pour s'exercer.

Nous avons rajouté à ces supports pédagogiques merveilleux deux livres de lectures et les cahiers d'exercices qui vont avec.
Ils ont été conseillés par une amie institutrice et ils sont vraiment chouettes.
Loulou apprécie bien, ce qui n'est pas toujours gagné avec notre zèbre.





Nous avons d'ailleurs tâtonné car la psychologue qui a diagnostiqué sa précocité m'avait conseillée la méthode globale pour lui qui a une pensée en arborescence et une mémoire de folie.
Oui sauf que Loulou ne peut faire que s'il comprend. Or la méthode globale avait beau ravir sa mémoire, il n'en comprenait pas le sens et elle ne lui permettait pas de déchiffrer!

Nous avons aussi acheté celui-ci qui avait été conseillé sur un blog d'EIP. Mais il plait moins à Loulou.

Pour les mathématiques, cette même amie instit nous a donné ce livre qu'il aime bien aussi et qui n'est pas ennuyeux

Et puis une copine qui fait aussi l'instruction en famille à ses filles m'a donnée ce livre qui permet de voir tout le programme de CP.

Hier Loulou a travaillé sur le chapitre "L'espace", la découverte du monde - se repérer dans l'espace,. Cela lui a permis d'écrire des mots plus compliqués et du coup de moins être dans la répétition des lettres à l'écrit ce qui rapidement l'ennuie.

Voilà nos supports formels de CP pour répondre aux envies et besoins de notre zèbre.
Ce n'est pas toujours facile d'adapter ce qui est demandé par l'inspection académique et ce qui correspond à son enfant précoce. De plus nous avons pour notre enfant comme ligne de conduite le plaisir et la joie d'apprendre et de découvrir.

Face à ses besoins spécifiques nous avons vraiment fait le choix de mélanger les apprentissages formels à beaucoup d'informels.
Le formel pour les apprentissages de base, c'est à dire la lecture et les mathématiques. Et beaucoup d'informel pour l'écriture, la culture générale, les sciences et l'histoire-géo.

Mais quoi qu'il en soit, que ceux-ci soient toujours respectueux de son rythme et de son individualité.


jeudi 24 septembre 2015

Précocité intellectuelle et Cmpp...

Vaste programme me direz-vous. Et bien pire encore!
 J'avais pourtant souvent entendu dire sur différents forums d' enfants intellectuellement précoces que s'il y avait bien deux choses à éviter pour ce genre de spécificité et d'aide c'était les psychologues scolaires et les Cmpp, centre médico psycho pédagogique.
Ben voilà c'est chose faite et confirmé.

Aujourd'hui nous avons eu rdv avec le médecin du Cmpp pour faire une demande de prise en charge en psychomotricité pour Loulou suite au bilan psychomoteur qu'il a passé en juillet dernier dans notre ancienne ville.
Le bilan était clair et confirmait l'hétérogénéité de notre zèbre déjà bien montrée dans le bilan psychométrique fait avec la psychologue l'année passée.


Et bien là, nous avons nagé en eaux troubles...
Un médecin sceptique sur la précocité qui semblait ne rien y connaitre, ne s’intéressant pas au bilan diagnostiquant la précocité de Loulou et pas plus d'ailleurs à son bilan psychomoteur.
Me disant qu'il en voit plein des "comme ça", qu'il est juste comme les autres, etc..
Tout va bien madame, votre enfant est tout à fait capable de ceci, de celà...tralala!

Je comprends mieux les 30% d'échecs scolaires graves chez les enfants précoces.

Bon je passe les détails de la situation particulièrement délirante et en même temps assez déstabilisante dans laquelle nous nous sommes retrouvés. C'est comme si les bilans des spécialistes entre nos mains n'existaient pas.
 En même temps depuis le temps que j'ai vent de parents dépités par ce genre de situation avec des enfants en difficultés scolaires car non reconnus et non accompagnés...je comprends mieux leur désarroi.

Comment un professionnel peut méconnaitre et nier à ce point tout le travail du Dr Revol, de Mme Siaud-Facchin, Mr Terrassier, etc, etc. sur précocité intellectuelle?
Même l'éducation nationale qui a bien des difficultés à gérer le problème fait des notes sur le sujet:
http://cache.media.eduscol.education.fr/file/eleves_intellectuellement_precoces_/99/4/Module_formation_EIP_268994.pdf

Et bien nous, avec un bilan diagnostiquant la précocité intellectuelle de Loulou, un bilan psychomoteur, et Loulou en live avec toutes ses spécificités tellement flagrantes nous avons eu comme retour...il est gentil, très malin, son niveau semble en dessous de celui des CP , il n'a pas besoin de psychomotricité et il serait super bien à l'école!

Il nous propose donc pour Loulou un bilan orthophoniste...alors là je me suis demandée si j'avais bien entendu! Car s'il y a bien un truc où Loulou excelle c'est bien le langage, la prononciation, le vocabulaire, tout ça quoi!
Pour lui c'est ce qui est grapho-moteur qui pose problème pas l'oralité! Bon c'est un cas classique chez les enfants précoces, ça va trop vite dans la tête et le geste ne suit pas.
Et puis il a proposé aussi un bilan psychologique et là...j'ai compris qu'il était de ceux qui pensent encore que si un enfant a des difficultés d'apprentissages ça relève du psy, uniquement du psy.
Dehors les neurosciences et le reste!

Et bien nous allons chercher une psychomotricienne libérale et continuer tranquillement dans notre coin l'accompagnement de notre fils dans les différents apprentissages.






mercredi 23 septembre 2015

Activités etc...

Quand on a un enfant zèbre instruit en famille, il faut avoir beaucoup de temps et de disponibilité mais aussi de quoi lui permettre de nourrir sa curiosité.

Loulou rêvait de faire de la poterie et voilà, c'est chose faite.
Tous les samedis matin pendant 1h30, il enfile sa blouse et va travailler la terre dans un atelier très sympa du centre ville de Figeac.
Un bon exercice de concentration et de calme qu'il adore.



Depuis qu'il a commencé début septembre il a déjà pas mal créé!
Pour commencer, une tasse qui remplacera la belle tasse japonaise de son père que j'ai cassée...

Ce qu'il y a de génial dans cet atelier en plus de l'aspect créatif, c'est le lien et tout ce qu'il apprend avec Catherine sur la terre, la cuisson, comment travailler pour éviter les bulles d'air, etc, etc...
Il en ressort avec des tonnes de choses à nous raconter et des étoiles plein les yeux de toutes ces connaissances nouvelles.

Avec Loulou, les activités ont souvent été problématiques principalement à cause de sa précocité.
Son profil très hétérogène, son immense sensibilité et son langage très riche le mettait souvent en décalage avec les enfants de son age. Il y avait une incompréhension partagée.

De plus, les activités étaient toujours très encadrées, laissant peu de place à la sphère imaginaire et à la curiosité. Du coup il s'ennuyait et trainait des pieds pour y aller...
Chez Loulou, ce qui n'est pas motivé devient vite une corvée!

Cette année les choses sont différentes car à la poterie il peut laisser aller son imagination absolument. Catherine encourage cette liberté sans cadre.

Loulou en bon zèbre pose souvent des questions, puis encore des questions...et elle les accueille, lui donne des réponses, bref ils interagissent! Mais quand il faut être concentré elle l'installe aussi dans le silence.

Comme Loulou n'a jamais été scolarisé, il n'a pas été habitué ni limité à sa classe d'age et du coup il interagit avec tous de la même manière avec aisance, sans timidité, bébé, enfant, ado, adulte, vielle personne et même autiste, ce qui est arrivé à la plage l'année dernière. Un moment magique où tout l'après-midi il a joué avec une jeune fille qui manifestait des troubles autistique et avec qui il a communiqué malgré les silences .
Bref, cela permet une amplitude importante dans ses relations et l'enrichissement qui en découle.

Les mercredis après-midi pendant 1h30 il fait de l'athlétisme avec un groupe d'enfants qui ont de 6 à 8 ans.
Un bon moment sportif où il se défoule, découvre ses limites et apprend les règles de la collectivité, car oui vivre ensemble ne s'apprend pas uniquement sur les bancs de l'école mais dans plein de circonstances de la vie comme lors d'activité sportive.


Et pour finir, le dimanche il va à l'école de golf. Ce n'était pas notre choix...mais à la journée des associations sportives il a découvert le practice et il a été plutôt à l'aise du coup le voilà parti pour la découverte du golf dans un lieu très calme et sans chichi ou il apprend la maitrise et la patience pour faire les bons gestes.
Il faut observer les autres, s'observer pour arriver là où l'on veut.  Et finalement je reconnais que cette activité est très positive pour notre zèbre qui manque souvent de patience quand il n'obtient pas sur le champ le résultat qu'il attend c'est à dire la perfection!
L'apprentissage et la maitrise de lui-même dans la nature est très apaisante.

Avoir un enfant zèbre n'est pas de tout repos. En tout cas notre zèbre à nous est en ébullition intellectuelle quasi permanente. Il pose 10 questions à la minute, entend tout, voit tout et s’intéresse à tout mais quelle joie de le voir s'épanouir et avancer sans trop d'angoisse à travers les différents apprentissages.
De pouvoir lui permettre d'aller à son rythme, avec ses particularités cognitives. De prendre le temps de l'apaiser quand il n'y arrive pas et qu'il renoncerait volontiers...de le comprendre pour mieux l'accompagner sur le chemin de la vie.







samedi 19 septembre 2015

Les plantes carnivores par Loulou

C'est définitivement un drôle de zèbre!






Loulou qui se passionne pour les plantes carnivores depuis le mois d'aout (il en a d'ailleurs une) et a demandé à voir des vidéos "pour en savoir plus".
Drôle de préoccupation et d’intérêt pour un petit qui a eu 6 ans en juin vous me direz mais pour lui, rien de plus normal!
En fait il ne regarde quasi jamais rien d'autre que "C'est pas sorcier" ou "On est pas que des cobayes" sur l'ordinateur. Ou des émissions spécifiques et/où scientifiques comme celles sur les plantes carnivores.
Ici peu voire pas de télé!                                                                                                                                                            

Sur le terrain...

Et bien sur le terrain il se passe plein de choses!

Nous avons décidé de nous lancer dans la réalisation de notre compost et de faire un potager.
Ce fut une occasion merveilleuse de chercher des livres qui seraient source de découverte et d'enrichissement autant pour notre loulou que pour nous.
Il faut dire que rien que pour le choix du compost il y a matière à réflexion!!!

A la jardinerie nous avons découvert ce livre merveilleux, une bible du compost super bien faite et qui nous a permis de choisir celui adapté à notre maison.

http://editions.rustica.fr/compost-guide-familial-pour-recycler-s-amusant-l13496#.Vf1ycpf0dGk

Du coup, nous nous sommes lancés dans le compost en fosse (les trous sur la gauche ne sont donc pas ceux des taupes!):

Et dans la préparation du potager:
Une autre occasion pour découvrir un chouette livre sur le jardinage Bio!

http://www.binette-et-jardin.com/dossier-56-jardine-bio-est-rigolo-apprendre-jardiner-enfants.html

Nous avons planté ce qu'il était possible de planter en septembre, donc des fraises, des salades, des radis et des navets.
Et Loulou a bien aidé à l'ouvrage.

Et ça pousse...



Forcément en jardinant nous rencontrons plein de bestioles qui intéressent beaucoup Loulou et puis c'est une occasion magique de s'émerveiller sur des choses simples qui éveillent le sens esthétique.



jeudi 17 septembre 2015

Mais concrètement ça se passe comment?

Nos journées sont cool et de l'extérieur peu contraignantes...mais ça ne chaume pas et elles sont bien remplies!

Nous avons fait le choix, personnel bien sur, de mélanger le formel et l'informel pour l'instruction en famille de notre fils qui est entré en CP.
Pour la pédagogie, je jongle entre des livres de pédagogie Montessori, des cahiers de l'éducation nationale, internet...et la vie!

Loulou est assez libre car sa curiosité est insatiable et que tout l’intéresse.
Mais en bon zèbre...il déteste l'effort, forcément il a rarement à en fournir puisqu'il comprend vite, alors nous imposons, plus pour lui apprendre à apprendre, des moments formels.
Il s'agit de faire des maths, de la lecture ou de l'écriture en temps très raisonnable afin qu'il soit disponible et content.


Loulou se lève quand ses yeux s'ouvrent vers 8h30-9h. Et la mise en route est parfois lente!

Suivant l'ambiance et sa capacité a être présent et concentré, il fait une à trois pages de math...il écrit la date et si il râle je lui propose d'écrire autre chose.
Suivant ce qui a été fait en math, il travaille un peu l'apprentissage de la lecture puis suivant l'heure je lui lis un livre où plus.

Par exemple hier c'était mercredi et le matin nous avions rdv chez le médecin pour son certificat médical pour le sport et faire son rappel de vaccin.
Ensuite il a joué avec ses légo...nous avons lu ensemble un livre sur le jardinage.
L'après-midi il a eu 1h30 d'athlétisme. Ensuite nous avons jardiné dans le potager, il a regardé un peu son émission fétiche "On est pas que des cobayes" et à 18h, nous avons ouvert son nouveau livre de lecture et il a bien voulu travailler l'apprentissage de la lecture car il était disponible et il a fait 3 pages doubles dans la joie et la bonne humeur!

Aujourd'hui...pluie, patraque à cause du rappel de vaccin...alors il a joué, dessiné, rêvassé, regardé "Les cobayes", fait des légo puis nous sommes aller marcher entre les averses, nous avons observé les escargots et dans l’après-midi deux petites copines non sco aussi sont venues jouer avec lui!

Demain on en fera donc un peu plus en apprentissage formel!
Mais pour ce qui concerne les apprentissages informels ils sont permanents!
La vie est un terrain de jeu merveilleux pour apprendre, être curieux, regarder, observer, poser des questions...plein de questions et trouver des réponses!




mercredi 16 septembre 2015

Pour une éducation bienveillante

Article:  

http://www.la-croix.com/Famille/Parents-Enfants/Dossiers/Pour-une-education-bienveillante-2015-09-15-1356497#mobile

L’éducation bienveillante et la parentalité positive ont le vent en poupe. Plus qu’un phénomène de mode, il s’agit d’un courant profond qui pourrait changer l’éducation des enfants. Pour le bien-être de tous.

15/9/15 - 14 H 54
On peut « éduquer sans crier », en remplaçant la contrainte par le dialogue, le respect, l’affect...
Cedric Faimali / Argos / Picturetank
On peut « éduquer sans crier », en remplaçant la contrainte par le dialogue, le respect, l’affection et la coopération.
Avec cet article
«Soyez heureux et rendez vos enfants heureux.» Tel pourrait être le mot d’ordre d’un nouvel art de vivre. Les livres vantant les bienfaits de l’optimisme, et nous invitant à saisir le bonheur à portée de notre main, inondent les rayons des libraires. Ils côtoient des manuels tout aussi nombreux, incitant les parents à éduquer leur enfant avec «bienveillance», et à s’initier à «la parentalité positive».
Venue des États-Unis, cette nouvelle vague éducative déferle depuis quelques années sur le Vieux Continent. Prônée dès 2008 par le Conseil de l’Europe, qui invite ses états membres à la mettre en pratique (1), elle commence depuis quelque temps à s’imposer en France. En témoigne le succès phénoménal des livres d’Isabelle Filliozat , ou de la pédiatre Catherine Gueguen (Pour une enfance heureuse), mais aussi des ateliers de «discipline positive» qui se montent un peu partout, ou encore des forums de parents, qui partagent ces nouveaux savoir-faire sur les réseaux sociaux.
Ce courant s’inscrit dans un mouvement plus ample, la psychologie positive, qui préfère s’intéresser à ce qui favorise notre bien-être plutôt qu’aux motifs de nos souffrances. À dominante comportementaliste, elle se démarque délibérément de la psychanalyse, qui a imprégné pendant longtemps l’éducation, donnant souvent une image très sombre des relations parents-enfants. Fini les Ados en vrille, mères en vrac ou l’Insidieuse malfaisance du père, voici venue l’ère de l’Enfant heureux. Et on peut l’élever dans la joie et la bonne humeur. De nombreux manuels montrent ainsi comment on peut «éduquer sans crier», en remplaçant la contrainte par le dialogue, le respect, l’affection et la coopération.
Ils valorisent l’autonomie, la responsabilité et l’estime de soi, si importante pour une vie réussie. Et replacent au cœur de l’éducation ce principe éthique: la bienveillance. Celle-ci consiste, résume Catherine Gueguen, «à porter sur autrui un regard aimant, compréhensif, sans jugement, en souhaitant qu’il se sente bien, et en y veillant». Elle suppose une «sollicitude empathique» envers l’enfant. Et un changement de posture: il n’est plus considéré comme un être naturellement malfaisant qu’il s’agirait de «corriger», mais un être qui possède en lui des trésors d’humanité qu’il s’agit de développer.
Ces «nouveaux» modes d’éducation se situent certes dans la lignée de célèbres pédagogues (Freinet, Montessori, etc.) et des porte-parole d’une éducation non-violente (Alice Miller, Olivier Maurel), qui commencent à être mieux entendus. Françoise Dolto en avait posé quelques jalons. De nombreux parents ont par ailleurs de tout temps été «bienveillants» envers leurs enfants et ont une éducation «positive» sans le savoir, comme M. Jourdain faisait de la prose. «Mais il a existé aussi, et il existe toujours, rappelle Catherine Gueguen, une malveillance inconsciente, parfois institutionnelle. Les châtiments corporels ont été abolis dans nos écoles il n’y a pas si longtemps. Et beaucoup pensent encore que, (lorsqu’on punit) les enfants, ils vont mieux se comporter…» Car il est difficile de se débarrasser d’habitudes éducatives qui ont prévalu pendant des siècles.
Mais beaucoup de jeunes parents sont en quête d’autre chose. «L’adoucissement général de la société, plus sensible à la violence, explique Isabelle Filliozat, fait que les parents de cette génération ont été moins humiliés, moins blessés dans leur enfance, moins victimes de ces violences éducatives ordinaires que sont la gifle ou la fessée – même si elles  sont encore trop fréquentes. Ils ne veulent pas forcément reproduire l’éducation qu’ils ont reçue et commencent à imaginer qu’on peut faire autrement.»
Plus globalement, il s’agit de changer «d’orientation mentale», estime la psychologue. «En mettant l’accent sur ce que l’enfant fait de bien, au lieu de mettre l’accent sur ce qu’il fait de mal, comme on a tant pris l’habitude de le faire. Car, dès qu’il se met à marcher, on lui répète à longueur de journée: ‘‘non’’, ‘‘ne fais pas ça’’ et cela va durer longtemps !» «Nos enfants ne sont pas nos ennemis, il n’y a pas de raison de se battre contre eux», dit-elle encore. Néanmoins, l’éducation positive est loin d’être laxiste.
Pour Nadège Larcher, psychologue et formatrice à l’Atelier des parents, «l’autorité n’est pas un gros mot». Elle montre simplement d’autres façons de l’exercer, en alliant «fermeté et bienveillance». «C’est aux adultes de mettre un cadre, mais en tenant compte du point de vue de l’enfant», résume-t-elle. Et il n’est pas question de renoncer au devoir de «bien veiller» sur l’enfant, de le protéger.
Certes, il n’est pas toujours facile de tenir cette attitude «positive». Notamment à l’adolescence. Souvent on crie, on s’énerve… «L’important est de s’excuser et de ne jamais rompre la confiance, ni perdre la qualité de la relation qu’on a pu nouer avec eux», souligne Isabelle Filliozat. Car «l’éducation positive» ne se veut surtout pas culpabilisante, pas plus qu’elle ne prétend faire des parents parfaits, répètent les auteurs de ces manuels, qui n’hésitent pas à confier leurs propres déboires de parents.
Ces courants éducatifs ont trouvé enfin une validation de poids: les découvertes récentes des neurosciences, notamment sur la plasticité cérébrale. Comme l’explique Catherine Gueguen, «des études ont montré que des attitudes positives, bienveillantes permettaient au cerveau de bien se développer, alors que, a contrario, des attitudes dévalorisantes, humiliantes altéraient ce développement.» «C’est l’une des révolutions du XXIe  siècle, insiste-t-elle: on sait désormais ce qu’il faut faire pour qu’un être humain développe ses potentiels intellectuels, affectifs. Et on sait aussi ce qu’il ne faut pas faire. On ne pourra donc plus dire qu’on ne savait pas», insiste la pédiatre. Même si ces nouvelles donnes sont encore méconnues par les parents et les éducateurs.
Catherine Gueguen reste néanmoins optimiste. Son dernier livre, qui invite à «repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau», sorti en mars, a séduit l’Inspection générale de l’éducation nationale. Elle a été invitée dans plusieurs académies pour en parler. Elle voudrait faire comprendre au plus grand nombre l’importance de cette bienveillance empathique, «qui est au cœur d’une transformation profonde des rapports adultes/enfants, mais aussi des adultes entre eux. Car ceux avec qui on a été bienveillant et empathique le seront à leur tour. Ce qui peut changer profondément, à terme, les relations humaines.»
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QUELQUES LIVRES DE REFERENCE
D’auteurs français
Les livres d’Isabelle Filliozat. Enfants de moins de 6 ans: J’ai tout essayé (Marabout, 5,99 €) ; 6-12 ans: Il me cherche (JC Lattès, 18€) et Au cœur des émotions de l’enfant (Marabout, 5,99€).
Pour une enfance heureuse.  Repenser l’éducation à la lumière  des dernières découvertes sur le cerveau, Dr Catherine Gueguen, Robert Laffont, 19€.
Élever ses enfants   sans élever la voix.  Guide pratique de l’éducation bienveillante, Nathalie de Boisgrollier, Albin Michel, 16,50€.
Ces écoles qui rendent   nos enfants heureux, Antonella Verdiani, Actes Sud, 22€.
Traduits de l’américain (par Béatrice Sabaté)
La Discipline positive. En famille et à l’école, comment éduquer avec fermeté et bienveillance, Jane Nelsen, Éd. du Toucan, 19,90€.
La Discipline positive. Pour les adolescents, Jane Nelsen et Lynn Lott, Éd. du Toucan, 20€.