lundi 7 décembre 2015

Angoisses, trop plein et sommeil...

Parce que nous venons de traverser une période compliqué avec notre enfant "plus".

Parce que ette période qui est venue puis repartie...peut/va à nouveau revenir.
Voici un article de Mitsiko Miller du Blog "Projet Famille en Harmonie" que je m'empresse de partager ici tellement il est génial.
Les outils qu'elle propose pour soutenir nos enfants à s’affranchir des angoisses et grandir émotionnellement à petits pas sont supers.

Angoisses, trop plein et sommeil

Capture d’écran 2015-11-27 à 11.14.04Par Mitsiko Miller
Un enfant qui a du mal à s’endormir ou qui a le sommeil perturbé en est souvent un qui se couche avec la tête saturée d’inquiétudes et d’émotions qui l’habitent encore. Comment s’endormir paisiblement avec tant d’activités intérieures?
Dans notre société, nous avons l’habitude de laver notre corps extérieur, mais oublions de donner ce même soin pour notre corps intérieur – cœur et esprit. Nous avons tous besoin de savoir ce qui nous habite, d’évacuer, de vider, de nommer, de trier, de faire le point pour se libérer mentalement et pour créer de l’espace intérieur, nous permettant de gérer les aléas de la vie quotidienne avec sérénité.
C’est le premier pas vers le bien-être, la résilience et l’empuissancement (empowerment) qui nous aident à faire face aux situations difficiles et à créer l’environnement propice à notre bonheur.
Certains enfants en ont encore plus besoin car ils captent davantage leur environnement comme des éponges ultra absorbantes: les stimuli, les émotions, les émotions des autres, les couleurs, les sons, les odeurs, les intentions, les images, les concepts… D’autres ne dorment pas pour des raisons tout à fait légitimes. Il est important d’explorer ces options avant de conclure que votre enfant a le sommeil « léger » (voir fin de l’article).
Voici des outils pour soutenir nos enfants à s’affranchir des angoisses et grandir émotionnellement, à petits pas:
Un retour sur la journée
-Qu’est-ce qui a mis du soleil dans ta journée et que peux-tu mettre en place pour que ça arrive plus souvent?
-Qu’est-ce qui a été difficile et que peux-tu faire autrement pour éviter que cela ne se reproduise?
-Qu’est-ce que tu as appris à travers ces expériences?
Tenir un journal
Offrir un cahier et inviter l’enfant à extérioriser ses émotions cumulées dans la journée en dessinant, ou en proposant dès 6-8 ans, de les écrire dans un journal en se posant les questions suggérées dans le « retour sur la journée ».
Écouter avec empathie
L’enfant a-t-il peur des monstres, de la noirceur ou des fantômes? Fait-il/elle des cauchemars? Écoutez ses craintes avec empathie (sans nier, sans donner de conseils ou sauter trop vite au mode « solutions »). Ces sentiments sont bien réels pour l’enfant et ont besoin d’être nommés et entendus.
Il n’y a, selon moi, rien de pire pour un enfant (ou adulte) que de vivre quelque chose dont on nie ou minimise le ressenti (« Ben non, les monstres n’existent pas! », « Non, tu n’as pas peur! », « Ce n’est pas si pire que ça! », « Arrête de faire le bébé! » ).
Rappelons que le fait qu’écouter ne veut pas dire que nous sommes d’accord avec ce que partage l’autre. Écouter, c’est accueillir la réalité de l’autre, ses sentiments et ses besoins, sans aucun autre but dans ce moment-là que de lui permettre de se soulager et de développer du détachement face à ses réactions.
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Source: Pixabay
L’exercice du verre plein de cailloux: faire le vide
Énumérer les soucis accumulés dans la journée (et qui font que la personne se sent débordée ou incapable de lâcher prise). Le verre représente le cœur. Chaque événement suscitant des soucis (une ou plusieurs émotions) dans la journée représente un seul caillou déposé dans le verre. En nommant les soucis et en les déposant un à un dans le verre, l’enfant visualise l’accumulation et prend conscience que son coeur est VRAIMENT plein. Comment s’endormir avec un coeur si préoccupé????
Un verre d’eau plein représente le stress normal d’une journée. Il est versé dans le verre plein de cailloux pour visualiser le manque d’espace intérieur pour accueillir le stress normal: la raison du débordement actuel. N’est-ce pas soulageant de se comprendre? Après, il reste à trouver des solutions pour faire le vide régulièrement.
Réduire les stimuli
Une soirée sans écran et sans stimulation (au moins une heure avant le sommeil) invite la relaxation, le calme et le relâchement. De la musique douce, des livres, des chansons, un temps de tendresse en famille et un rituel du dodo relaxant, peu importe notre âge, sont bénéfiques pour tout le monde.
Revenir au corps
Il n’y a rien de plus efficace pour calmer son hamster intérieur, que de revenir au corps, car il permet d’être dans le moment présent et calmer la tempête interne. Chanter, danser, respirer, pratiquer la pleine conscience, faire du chi gong ou du yoga, se faire des pressions profondes (massages, acupression, Brain Gym) ou recevoir des massages aident un enfant à retrouver sa paix intérieure.
Les poupées-tracas
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Tiré du livre Billy se bile d’Anthony Browne
Les poupées-tracas issues du Guatemala donnent l’occasion aux enfants de nommer et d’identifier leurs soucis et de les raconter aux poupées déposées sous l’oreiller. Selon la légende, les tracas disparaissent dans la nuit.cLes poupées protègent aussi les enfants des cauchemars. Ce processus invite l’enfant à évacuer peines, tristesses et colères accumulées qui demeurent intériorisées, l’empêchant de se reposer mentalement et de lâcher prise.
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L’animal de pouvoir d’Harry Potter
Rituels pour rassurer
Selon ses intérêts et l’univers imaginaire de chaque enfant unique, il est possible mettre en place un rituel rassurant qui rend la nuit moins angoissante: qu’est-ce que ses héros(ïnes) et personnages qu’il/elle admire feraient? Voici des idées: activer son super pouvoir de super héros, dire aux monstres de quitter la chambre avec une baguette magique, invoquer un animal de pouvoir qui donne des forces comme dans Harry Potter (sortilège Spero Patronum), mettre des « pierres magiques » sous son oreiller, faire une formule de mage pour se protéger « spécial monstre » ou pour se donner des dons de courage, mettre sa cape de super héros près de son lit, créer une bulle de protection – tout ce qui provient de son imaginaire et qui lui parle sincèrement et le rassure.
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Source: Pixabay
Ponts de séparation pour la nuit
Les enfants ont besoin de sentir que nous sommes leur guide et que nous sommes toujours là pour eux, dans les hauts et les bas. Surtout lorsqu’ils vivent des périodes de stress ou sont en phase d’individuation. C’est malheureusement souvent dans ces moments qu’ils sont les plus « difficiles » à aimer inconditionnellement et à comprendre.
Pourtant, un enfant exprime ses peurs à travers ses comportements, aussi désagréables soient-ils.
En créant un pont de séparation avec notre enfant, nous consolidons le lien qui nous unit et réassurons que nous sommes toujours présents:
-« Je te souhaite une douce nuit. Je suis dans ma chambre ET mon cœur est toujours avec toi. J’ai hâte de manger des crêpes avec toi, demain matin. »
-Dessiner un cœur sur sa main: « Tu es toujours dans mon cœur, peu importe où tu es.»
-Tu vois ces ficelles? Elles nous rappellent que nous sommes toujours ensemble, même lorsque je ne suis pas à côté de toi (mettre de la ficelle reliant votre chambre à la sienne).
-Mettre un chandail imprégné de votre odeur sur sa taie d’oreiller.
-Donner un habit ou objet imprégnés de votre odeur qu’il peut garder sur lui.
Ça vous intéresse?
Veuillez noter que je donne des ateliers ce printemps, à Montréal, sur l’accompagnement d’enfants anxieux et sur les enfants PLUS.
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EXPLORER LES RAISONS DES DÉFIS RELIÉS AU SOMMEIL
Plusieurs raisons poussent un enfant à combattre le sommeil. Il est important d’explorer ces options avant de conclure que votre enfant a le sommeil « léger », ou qu’il a un « problème ».
CORPS: phase de développement / période d’individuation (acquisition de nouvelles compétences comme marcher, parler, lire, écrire, etc.), douleurs physiques (dents, otites, etc), hyper vigilance, hypersensibilité (explorez les réflexes archaïques), sensibilité sensorielle (explorez l’ergothérapie), horaire qui ne suit tout simplement pas son cycle naturel de sommeil, trop de stimuli physique et émotionnel, pas assez de mouvement avant le repos, etc.
COEUR: besoin de proximité avec sa figure d’attachement, réassurance, manque de sécurité émotionnelle (manque de repères), trop de tensions, stress accumulé, traumatisme (in utero, accouchement, à la naissance, séparation abrupte avec sa figure d’attachement, hospitalisation, sevrage abrupt, entraînement au sommeil, parent détaché, etc.), anxiété de séparation, manque de ponts de séparation (attachement) avec les parents, etc.
Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen.  Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.



samedi 5 décembre 2015

La vie dessinée

Très chouette article trouvé sur le site Parents à Parents sur le dessins est ses utilisations.
Chez nous il a souvent une action thérapeutique, façon art-thérapie.
Notre zèbre adore dessiner et s'y exprime beaucoup.
Voici une belle piste de réflexion à partager et à explorer.

La vie dessinée – une autre idée du Mind Mapping® au quotidien

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Par Le mercredi, décembre 02 nd, 2015 no Comments Dans ,
Dessiner sa vie, voilà une initiative qui peut apporter une contribution merveilleuse dans de nombreux domaines : s’exprimer bien sûr, mais aussi dire explicitement, partager, faciliter la séparation, faire la transition, s’organiser, anticiper, structurer, sécuriser, créer des règles et s’y tenir,…. Adèle partage ici la belle expérience qu’elle mène depuis plus d’un an avec ses enfants.
Inviter un enfant à partager sa vie est l’occasion de grandes réorganisations matérielles, relationnelles et professionnelles. On parle souvent de tout ce que notre progéniture nous empêche de faire comme avant. Mais il arrive aussi que nos enfants réamorcent des choses que l’on avait mises de côté. Pour moi, ce fut le dessin.

Le dessin est un fardeau

Le dessin, je l’ai appris en école d’art, après le bac. Des heures à réinterpréter à la main graphie, nature morte, perspective,… Je faisais par devoir mon lot de croquis hebdomadaire obligatoire. Techniquement, ma production était bonne. Mais mon cœur était sans appétit, sans entrain. Je n’arrivais pas à trouver le chemin de la joie, celui qui fait entrer une pratique dans le quotidien.

Le dessin est un cadeau

C’est l‘arrivée de mes enfants qui a réintroduit le dessin à la maison. Et avec beaucoup, beaucoup de joie. C’est en les voyant, en voulant nourrir leurs jeux que j’ai enfin ressenti, au plus profond de moi, que le dessin était un mode d’expression, loin de l’auto-censure et du jugement qui condamne. Le dessin est un pont lancé entre eux et moi, une co-création magnifique qui se construit à partir de rien, la fameuse page blanche. Celle d’où l’on peut tout inventer.

Le dessin est un objet transitionnel

Coloriage Mind Mapping dessiner sa vie Adèle Parents à ParentsC’est mon deuxième fils qui m’a montré que le dessin pouvait être bien plus qu’un simple jeu. A sa rentrée de maternelle, les séparations étaient douloureuses chaque matin.
Nous arrivions le tôt possible pour passer le maximum de temps dans sa classe avant l’heure de départ des parents*. Nous nous installions à une petite table et il nous demandait, à son père ou moi, de lui redessiner les pages de ses livres préférés (voir dessin ci-contre).
Nous nous exécutions. Après notre départ, il passait encore une heure à les colorier, seul, concentré. Le dessin était un instant de pur intensité de présence l’un à l’autre, un véritable don du cœur entre nous. Au fil des semaines, il n’eut plus besoin de colorier le dessin réalisé ensemble avant notre départ. Il nous demandait de rapporter le dessin à la maison. Puis, un jour, il ne nous a plus demandé de dessiner du tout. Il avait, à trois ans, créé son rituel de séparation et de sécurisation.

Le dessin est structurant

Calendrier Mind Mapping dessiner sa vie Adèle Parents à ParentsC’est pendant l’année d’instruction en famille avec mon aîné que le dessin prit une place dans notre vie quotidienne. Pas d’école, pas de programme, pas de contraintes. J’ai eu un peu peur que mon garçon, en pleine construction de ses repères spatio-temporels, soit bousculé par ce manque de cadre.
Je lui ai alors proposé un calendrier (voir dessin ci-contre).
Une feuille A3, des cases et une petite fenêtre aimantée avec son visage qu’il bouge chaque matin. Mon travail était de faire le bilan en dessin et en écriture de la journée passée et de projeter des activités qu’il voulait programmer. Il visualisait ainsi le temps écoulé et celui qui le séparait d’un prochain rendez-vous important pour lui.
Ce rituel dura dix mois, soit 302 jours. Une routine qui l’aida énormément à apaiser ses insécurités, à travailler sa mémoire, et à trouver sa place, tout simplement.

Le dessin est image et son

Arbre à son Mind Mapping dessiner sa vie Adèle Parents à ParentsVint le moment de l’apprentissage de l’écriture et de la lecture pour mon aîné qui avait six ans. Comme il n’était pas scolarisé cette année là, c’était moi la « maîtresse ». Mon petit garçon n’était pas du tout, mais pas du tout intéressé par la question.
Quand je lui demandais : « qu’entends-tu comme son dans le mot maison ? », il n’entendait rien. Gloups ! Comment faire ?
Je me suis dit que si ses oreilles étaient bouchées, il fallait passer par un autre sens.
Les yeux peut-être ? Je me suis alors lancée dans une technique découverte peu auparavant, le Mind Mapping® . Une sorte de cartographie ludique et organisationnelle. Nous nous sommes ainsi adonnés aux « arbres à sons » (voir dessin ci-contre).
Nous partions d’une page blanche. Nous choisissions un son et nous recherchions quel mot le contenait. Il y a le son « on » dans « maison ». Oui mais qui y a-t-il dans une maison en « on » ? Et nous ramifions les branches charpentières. Une chasse aux sons qui cachait une analyse structurelle de la pensée. Un jeu qu’il adorait. Et plus il rigolait, plus il voulait travailler. Alors le soir, c’est moi qui faisait des devoirs en m’entraînant à recopier des dessins humoristiques de livres pour enfant.

Le dessin est garde-fou

Page du jour Mind Mapping enfant s'organiser Parents à Parents AdèleLes vacances avec les enfants c’est super, mais parfois très intense.
Alors après trop de jours de cris et de disputes entre frères, j’ai instauré « la page du jour » (voir dessin ci-contre) : un petit carnet dans lequel je trace des cœurs pour tous les bons moments et des messieurs pas contents pour les périodes plus difficiles.
L’enfant à la mémoire de l’instant et le parent à la mémoire d’éléphant trouvent ainsi un terrain pour harmoniser leurs perceptions de la journée.
Ce petit jeu m’aide à garder du recul et à prendre les problèmes les uns après les autres. Attention bien sûr à ne pas tomber dans la menace, la sanction ou le chantage : « je vais te mettre un monsieur pas content si… ! » Ce n’est pas du tout mon but : cet outil aide à visualiser et donc à relativiser.


Une autre aide, inveNe pas crier pas de bagare Mind mappin enfant Parents à Parents Adèlentée aux dernières vacances : élaborer des règles de vie ensemble, les dessiner et les afficher. C’est mon mari cette fois qui était à bout et qui en a eu l’idée.
Cela a tellement plu aux enfants qu’ils les ont redessinés (voir dessin ci-contre).
Il n’y avait plus besoin, après, de hurler « arrête de crier !! », réflexe parental rarement intelligent mais tellement fréquent. Il suffisait de dire : « Qu’est ce qui est affiché dans la cuisine ? » pour que tout le monde s’apaise !



Le dessin est sécurisant

Mon aîné est touCalendrier Mind Mapping dessiner sa vie Adèle Parents à Parents Peursjours très inquiet de tout. Une séparation pour dormir une nuit chez sa mamie est déjà une épreuve, alors partir seul en classe de mer, c’était presque inenvisageable. Presque… C’était sans compter sur le dessin.
Nous avons donc ressorti nos crayons et travaillé ensemble sur ses peurs. En faisant notre alchimie des outils de la communication relationnelle que je connaissais : écoute active, reformulation, Communication NonViolente, et humour des dessins, nous avons tracé un nouveau Mind Mapping® (voir dessin ci-contre).
Ici, il s’agissait d‘identifier les peurs, de mettre des images dessus, de voir quelles envies masquaient ces peurs et quels leviers pourrions-nous mettre en place pour les transformer.
A six ans, mon fils a fait tout ce travail seul. Moi je n’avais qu’à dessiner et aussi à colorier, bien dans les traits. Cette page, plastifiée, a pris place dans sa valise et a accompagné son voyage. Il a ainsi réussi, à chaque moment de tristesse, en regardant son dessin, à se réapproprier son séjour en classe de mer et à en profiter.
Voilà quelques pistes à explorer pour les parents « chercheurs » que nous sommes. Je pense qu’elle sont innombrables et tellement amusantes. Alors, pour notre bien et celui de nos enfants, amusons-nous !
*Mes enfants sont à l’école Decroly de Saint Mandé, où les parents peuvent rester dans l’école de l’heure de l’ouverture, 8h20, jusqu’à 9h15-9h30 environ.
Illustrations :  Adèle Damoiseau.

L'IEF...ça bouge!


Pendant quelques semaines notre petit zèbre a traversé une zone de turbulences.
Et en tant que praticienne de santé et de bien-être...je dirais que les zones de turbulences sont des manifestations de choses que nous devons entendre et comprendre.

Et pour se faire, notre maitre zen de six ans sait y faire...ne plus rien faire!
Ne plus arriver à ne rien faire puisque les turbulences secouent trop.
Il faut donc accepter que ça n'est pas le moment. 
Il faut donc lâcher pour ne plus lutter contre ses peurs, ses principes et accueillir les émotions/turbulences de son enfant.
Avoir confiance en nous, en lui et savoir que cela va repartir quand ça sera le moment, quand il sera disponible, quand les turbulences seront passées, définitivement passées puisque pleinement entendues et vécues.

Trouver les ressources en soi est indispensable sinon l'enfant le sent et la confiance n'y est pas.

Cette période a été d'une richesse infinie malgré la douleur de voir son enfant "plus" en souffrance, malgré le sentiment parfois de ne pas y arriver, de ne pas être toujours comme on voudrait, d'être fatigués, de manquer parfois de bienveillance parce que ça fait mal...et puis de l'aimer tellement que les ressources reviennent presque d'elles-mêmes et de trouver les clés pour l'aider à passer ce cap.

Ce cap car il est question d'un cap, celui de grandir tellement que ça fait peur!
Peur de cette autonomie nouvelle, peur du changement, peur de perdre ce que l'on a et de ne pas savoir ce que l'on va trouver.
Grandir demande une sacrée confiance que parfois les enfants n'ont pas.

Mais nous adultes l'avons nous cette confiance?
Je pose cette question et je repense au film de Clara Bellar "Être et devenir" car la confiance y est souvent abordée dans ce magnifique documentaire qui parle de liberté.

Et puis il y a cet article plein d'amour lu ce matin dans le Blog "École dynamique" que je ressens fortement tellement il me parle, tellement notre vie est dirigée dans ce sens, dans le sens du cœur, dans le sens de l'ouverture.

Aujourd'hui notre fils a passé cette zone de turbulences et nous avec lui.
Notre confiance en nous, en lui est renforcée.
Notre capacité a nous ouvrir continue de grandir.
Une nouvelle porte s'est ouverte.





Le plus beau cadeau de Noel pour son enfant…



Quelque chose qui m’est venu là… Avec les réunions, les rencontres et les portes ouvertes, nous passons beaucoup de temps (et tant mieux !) à expliquer des choses essentielles de notre philosophie, comme notamment le lâcher prise en tant que parent.
Mais qu’est-ce que lâcher prise, quand on est parent ? Dans le film « Etre et devenir », un papa résume ça en 2 mots : « Trust and wait ».
Moi je mets plutôt ça dans l’autre sens :
« Attendre », pour moi, c’est changer sa notion du temps. Et selon 2 axes :

Axe 1 -> Ne plus se projeter (trop) dans l’avenir et se concentrer sur le présent. Car c’est le seul temps qui existe, le seul temps sur lequel nous pouvons agir, et donc le seul temps qui compte réellement. C’est assez clair si l’on prend la question de l’accès futur aux études, qui revient si souvent : « Comment pourrais-je mettre mon enfant dans votre école s’il n’est pas sûr de pouvoir accéder à 17/18 ans aux études qu’il souhaite ? S’il se retrouve sans notes, sans évaluations, et que toutes les portes lui sont fermées ? ». Oui, je comprends bien (et moi-même je me pose cette question !), mais… on voit ici le problème : à quoi sert de se concentrer sur un futur incertain dont on ne contrôle rien, alors que c’est le développement de notre enfant qui se joue aujourd’hui ? On a tous des gens autour de nous (voir nous-même) qui ont grandi et évolué dans un système qui ne leur convenait pas et qui sont arrivés aux portes des études avec un dossier comprenant des notes, des évaluations, un « sésame » pour l’après. Oui, mais, au prix de quoi ? D’une recherche constante d’eux-mêmes ? D’une grande souffrance intérieure ? D’une ignorance cruelle de ce pour quoi ils sont doués, de ce qu’ils veulent faire de leur vie ? Peut-être aurait-il mieux valu se concentrer, dès en amont, sur un système leur permettant d’apprendre à répondre à toutes ces questions, avant de penser à leur « futur » totalement insondable…

Axe 2 -> Arrêter d’attendre (des résultats, des actions) : laisser le temps juste être. Ne plus être constamment dans l’attente de résultats, dans l’attente de quelque chose. Accepter que concernant l’enfance il n’y a rien de visible dans l’immédiat. Accepter de laisser s’écouler les jours, les semaines, les mois. Ne rien attendre et, en amont, ne rien projeter surtout ! Tout cela c’est très compliqué, en tant que parent. On veut voir, on veut des preuves que notre décision a été la bonne. C’est déjà si compliqué parfois de prendre des décisions, alors en +, on doit en prendre en devant attendre des mois, des années peut-être sans savoir si c’était la bonne ? Pffff…
« Avoir confiance ». En son enfant. En soi. En le temps qui passe. En la vie. Oui, mais c’est quoi, avoir confiance en son enfant ? C’est, à mon sens, le laisser être ce qu’il est, le laisser naviguer, avec bienveillance, vers ce qui l’attire, ce qui le construit. Accepter ses élans tout autant que ses renoncements, même si (surtout si) ça ne correspond pas à ce que nous souhaitions pour lui…
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En cette période de fin d’année où les foyers sentent le sapin et la clémentine (++) et où notre société de consommation atteint son apogée (- -), peut-être pourrait-on revenir vers l’essentiel ? Au milieu de toute cette montagne de cadeaux que nous leur offrons chaque année, notamment en cette fin d’année, cadeaux de + en + électroniques, robotisés, High Tech, connectés… peut-être que le + beau cadeau qu’on pourrait y insérer, qu’on pourrait faire à nos enfants (et à nous-mêmes !) serait de leur offrir notre… CONFIANCE ?



jeudi 22 octobre 2015

L'enfant précoce au quotidien : Tous mes conseils pour lui simplifier la vie à l'école et à la maison

Je découvre ce livre sur l'enfant précoce et en lisant l'introduction (ci-dessous)  j'y retrouve tellement Loulou que s'en est presque énorme!

"Vivre avec un enfant précoce est merveilleux.

Ce sont des enfants avec qui l'on peut avoir des conversations élaborées. Ils sont futés, vifs, s'intéressent à de nombreuses choses, sont curieux de tout, posent des questions qui interpellent, sur l'origine du monde, l'existence de vie extra-planétaire, la vie quotidienne des hommes préhistoriques, ce qui fait vivre une plante... Ils ont une imagination débordante, regorgent d'idées créatives et adorent les histoires. Ils sont sensibles, ils témoignent, et ont besoin de nombreuses marques d'affection.
Autant d'expériences quotidiennes extraordinaires qui rendent la vie avec ses enfants riche et passionnante.


Vivre avec un enfant précoce est un calvaire !

Un enfant précoce ne fera jamais rien de ce que vous lui demandez s'il n'en voit pas l'intérêt et s'il n'en a pas compris le sens.
Il ne s'intéresse pas à des choses simples que les autres enfants font avec facilité. Il fait tout au dernier moment et prend pour acquis chaque événement vécu une fois.
C'est monsieur ou madame «je sais tout» qui vous tient tête, car il sait avoir raison.
Il a besoin de vous longtemps et ne semble pas autonome.
Hypersensible, il peut partir dans des crises de larmes et de colère à propos de sujets qui peuvent paraître futiles.

Vivre avec un enfant précoce demande de faire le grand écart en permanence.
Charmant et charmeur une minute, grognon et dictateur la suivante.
Investissant une activité un jour, la délaissant le lendemain.
Passant du coq à l'âne et laissant ses affaires en plan.
Rêveur et concentré.
Attachant et horripilant.
Brillant et médiocre à la fois.

Un enfant précoce, c'est en effet tout cela. Tout cela qui nous fait dire qu'il refuse et défie l'autorité, qu'il repousse les limites, qu'il est capricieux, arrogant, sûr de lui, qu'il ne montre aucune concentration lorsqu'il s'agit de travailler, qu'il se disperse et ne fait pas attention, qu'if repousse toujours tout et fait les choses in extremis.
Certes, cela est ce qui se voit, ce que l'on constate avec nos yeux et nos standards formatés par et pour un enfant «normal». Si un enfant normal montrait les mêmes comportements et les mêmes attitudes, alors en effet, cela voudrait dire qu'il défie votre autorité, qu'il se disperse, qu'il ne sait pas travailler...
Pour un enfant précoce, ces standards ne sont pas les bons.
En effet, un enfant précoce montre un fonctionnement complètement différent, dont il importe, non seulement de tenir compte, mais surtout de mettre en valeur si l'on veut qu'il s'épanouisse et qu'il aille bien.
Cela est vrai à la maison.
Cela est vrai à l'école.


Et oui avoir un enfant précoce et vivre avec lui au quotidien car instruit en famille c'est tout ça et parfois plus encore!
Ceux qui n'ont pas partagé notre quotidien ne l'imagine pas et pourtant...
Alors penser une adaptation à l'école est impensable car ingérable. Il me faut parfois une matinée pour arriver à l’emmener où je veux...c'est à dire se laver les dents, s'habiller...etc...etc...arriver jusqu'au bureau et s'y poser pour travailler un peu. Le remobiliser quand il lâche, c'est à dire assez vite.
Tout ce qui n'est pas intéressant pour lui, il le repousse et le refuse et à force de je ne sais quoi, où plutôt si, de patience...j'obtiens satisfaction et il avance.
Quelle aventure!


samedi 17 octobre 2015

Faut-il scolariser nos enfants ? Clara Bellar



Voici une vidéo de Clara Bellar la réalisatrice du documentaire "Être et Devenir" (que malheureusement je n'ai pas encore réussi à voir!) qui résonne en moi.

Ce que Clara Bellar explique du bon moment et de l'importance des rythmes de l'enfant est un élément fondamental. C'est ce moment où il est prêt.

On ne marche pas tous au même âge, pareil pour l'apprentissage de la parole, etc...donc de ce point de vue là les apprentissages informels permettent ce que l' uniformisation de l'école ne permet pas.


En ce qui concerne notre zèbre instruit en famille, j'avais déployé devant tant d'agitation cérébrale depuis son tout jeune age, tout un tas de supports pédagogiques pour qu'il entre dans la lecture et l'écriture agréablement et de manière ludique via les cahiers Montessori, coffret de lecture Montessori également, etc...

Mais c'était sans compter à l'époque sur son envie qui était moins grande que la peur d'être mis en échec. Bref c'était juste pas le moment pour lui à ce moment là!

Et il a fallu que je me remette sacrément et plus d'une fois en question pour le laisser tranquille et lui laisser le temps.

Je pense même qu'à certains moments j'ai provoqué l'effet inverse en voulant (sous prétexte qu'il était précoce et non sco) le faire avancer plus vite, où au moins au même rythme que les autres et que je trainais une culpabilité de ne pas être dans la norme.

Et nous en avons souffert tous les deux.


Clara Bellar le dit très bien, les apprentissages autonomes demandent une sacrée confiance en son enfant qui n'est possible que lorsque nous avons d'abord confiance en nous-même.

Nous avons donc parents besoin de cheminer pour pouvoir être cohérents dans ce choix car l'enfant à particulièrement besoin de cohérence pour avancer sereinement. CE qu'elle explique très bien.

Alors nous avons rangé tous les supports pédagogiques dans un carton et nous avons attendu (peu de temps finalement) que Loulou témoigne d'une réelle envie de lire et d'écrire pour lui proposer de l'accompagner et il a dit OUI!


Comme je l'ai déjà expliqué, nous avons fait le choix d'un mélange d'apprentissages formels et informels car c'est ce qui lui convient le mieux. Mais nous lui laissons avant tout le temps de jouer, de vivre et de découvrir, d'apprendre aussi autrement.

Nous travaillons un peu tous les jours pour ce qui est du formel, mais pas avant le reste, non!

Si Loulou joue dans sa chambre, court dehors, va à la poterie, veut qu'on lise un livre, regarde un documentaire sur internet, veut jardiner...c'est ça qui passe d'abord.

Et pour en arriver là, il nous a fallu grandir et gagner en confiance en ce disant que ça n'était pas grave, mal, patati patata. Que notre fils ne serait pas ceci où cela en étant non sco et assez libre...mais juste heureux d'être un petit gars de 6 ans qui profite et vit.

Il a fallu que nous apprenions à être nous-mêmes libres de ce choix pour ne plus nous sentir coupables d' éduquer notre fils autrement.

Et puis il y a des jours où notre rythme fait que nous n'avons pas eu le temps de nous mettre à un bureau et que 1000 choses nous ont absorbés ailleurs et ça ne fait rien, ça n'est pas grave!

L'instruction en famille est un mode de vie, un projet de vie, une éducation à la vie.




Je partage aussi cette magnifique vidéo de l'après séance du
documentaire de Clara Bellar "Être et Devenir"  avec la psychologue
Isabelle Filliozat dont l'intervention est lumineuse comme toujours et
d'une grande émotion.


jeudi 8 octobre 2015

Une émission sur la précocité

Il y a plusieurs jours la chaîne Corse Via stella a proposé une émission " Les médicales" sur la précocité intellectuelle avec comme invitées entre autres Jeanne Siaud-Facchin que nous connaissons tous parents d'enfants précoces, mais aussi l'inspectrice de l'éducation nationale de Haute-Corse dont la psychologue de Bastia qui a testé notre Loulou il y a un an nous avait tant parlé par son approche engagée sur la précocité dans le département au niveau scolaire.

Une émission intéressante qui explique bien que nos zèbres fonctionnent différemment.

Cette émission est arrivée peu de temps après notre rdv décevant avec le médecin du cmpp et elle montre aussi qu'une erreur de diagnostique peut être grave.
Je fais référence à cette jeune fille précoce qui a été diagnostiqué Schizophrène et hospitalisé en psychiatrie par un médecin psychiatre, oui oui!

Les enfants précoces ont un développement cognitif et émotionnel différent.
Pas mieux, pas plus mais juste différent et ne pas en tenir compte au niveau des apprentissages surtout quand l'enfant a un profil hétérogène ce qui est la cas de notre fils et du coup, ne rentre pas facilement dans le cadre peut être grave.

Nous avons pu faire le choix de l'instruction en famille pour aider notre enfant précoce à avancer plus sereinement dans ses apprentissages (mais aussi à mieux comprendre et appréhender la sphère émotionnelle) mais tous les parents n'ont pas la possibilité d'en faire autant lorsqu'ils le souhaitent pour leur enfant.
D'où l’intérêt de continuer à faire connaitre, former, expliquer et dire dire dire comment fonctionnent nos enfants pour que les structures pédagogiques et éducatives traditionnelles s'ouvrent.
Cela vaut pour l'éducation mais aussi pour les activités extra-scolaires car là aussi ça n'est pas facile pour un zèbre. Et il y a du boulot!
Nous l'avons bien connu les deux années passées avec deux enseignants hermétiques à la richesse de la différence et avec peu d'affectivité.
Aller à un atelier de peinture où de percussion a été une punition pour notre fils qui a encore une fois eu une image bien sombre d' activités collectives sensées être joyeuses et enrichissantes.
Heureusement cette année les activités ont une autre couleur pour notre Loulou qui y est épanoui!

Quand on parle de fonctionnement émotionnel différent, et Jeanne Siaud-Facchin l'explique très bien, et bien en fait, ce qui est une broutille pour un enfant classique (si je puis dire) est un cataclysme pour un enfant précoce.
Un refus, une frustration de trop et il ne gère plus du tout ce débordement émotionnel, ce qui est la cas de notre fils.
Il a fallu beaucoup travailler avec lui sur la gestion émotionnelle mais aussi de notre côté de parents  pour pouvoir comprendre et s'adapter au quotidien.
Par exemple, après les activités sportives du mercredi où il est en collectivité (avec une monitrice très chouette et où il va heureux) nous rentrons direct à la maison où alors, favorisons des activités dans un environnement serein qui ne rajoutera pas de stress ni de frustration car nous savons pour l'avoir vécu avec lui que cette activité qu'il adore lui demande un effort.
Être en groupe avec d'autres enfants, nombreux parfois et différents de lui (il le ressent souvent et le verbalise) et devoir suivre les règles d'une figure d'autorité lui demande de prendre sur lui car en général ce zèbre négocie tout, discute tout et ne fait rien s'il n'a pas trouvé un intérêt où sens personnel.
Bref un exercice certes enrichissant pour notre zèbre mais qui lui demande beaucoup du haut de ses 6 ans.


Le partage de cette émission sur "l'intelligence différente" est symbolique pour moi, elle qui vient de Corse et qui me permet de vous en dire plus sur cette particularité que je connais si bien!
Bonne lecture:

http://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/emissions/les-medicales

Et comme les bonnes choses n'arrivent jamais seules, une autre émission très intéressante aussi et toujours avec Jeanne Siaud-Facchin passée hier à la radio:

http://www.europe1.fr/emissions/il-n-y-en-a-pas-deux-comme-elle/il-ny-en-a-pas-deux-comme-elle-mon-enfant-est-il-un-genie-2525959

samedi 26 septembre 2015

Dyssynchronies & inhibition intellectuelle

Pour faire suite à notre rdv avec le médecin du CMPP je partage ici un article très complet sur le sujet trouvé ici: http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2009/05/24/dyssynchronies-et-inhibition-intellectuelle/
Ce que vraisemblablement ce monsieur n'a pas perçu avec Loulou ni même lu dans le diagnostic de la psychologue lors des tests est pleinement expliqué ici. Le combat pour faire connaitre et défendre ses EIP (enfant intellectuellement précoce) demeure.  
Le surdouement n'est pas défini par une avance sur les autres sur le plan de l'instruction ou de l'apprentissage. Un EIP se positionne sur des échelles de compréhension, d’interprétation & de questionnements radicalement différentes d'un enfant dans la norme.

 Dyssynchronies & inhibition intellectuelle

Le psychologue Jean-Charles Terrassier a mis en lumière il y a quelques années ce que l'on appelle le syndrome de dyssynchronie (& qui n'a rien d'une maladie ;) ) qui touche de nombreux petits zèbres.

Dyssynchronie ? Mais que se cache-t-il derrière ce mot étrange & barbare, me direz-vous :?: :?: :?:

zebra_pony
La dyssynchronie est tout simplement l'expression d'un décalage dans les différents aspects de la personnalité de l'enfant surdoué.

Pour être tout à fait exact & précis, on ne parle d'ailleurs pas d'une dyssynchronie, mais de plusieurs formes de dyssynchronies possibles :up:

• La dyssynchronie dite "interne", qui se manifeste tant sur le plan  affectif que psychomoteur. Elle se repère facilement lors de la passation d'un test de QI (WPPSI ou WISC pour les enfants, selon leur âge) en ayant pour conséquence classique une écart important entre QI Verbal & QI de Performance.
Elle a pour conséquence visible une hétérogénéité entre le développement intellectuel d'une part (très rapide, très fluide) & d'autre part le développement affectif & psychomoteur (tous deux en décalage par rapport aux facultés intellectuelles de l'enfant).

Alors méfiance, il ne faut pas mal interprêter ce que je suis en train d'écrire, notez bien le "en décalage par rapport à l'aspect intellectuel de la personnalité".  Il ne s'agit donc pas d'une insuffisance dans l'absolu, mais bel & bien une insuffisance relative, c'est à dire à hauteur de leurs extraordinaires facultés sur le plan purement intellectuel.

Sauf problème psychomoteur avéré (qui, si c'est le cas, sera détecté au cours d'un bilan chez un psychomotricien - toujours vivement conseillé en cas d'hétérogénéité des indices, afin justement d'écarter tout problème de ce type), ces enfants doués ne sont pas en retard sur le plan moteur ou affectif, mais leur développement cérébral est si poussé & rapide que le reste a littéralement du mal à suivre. Les tests psychométrique mettent facilement en évidence cette différence, voire  sur certains enfants doués, ce gouffre qu'est la dyssynchronie interne.

:arrow: attention, il ne faut pas confondre "immaturité affective" (terme employé à tort & à travers par les enseignants comme certains parents à propos des EIP, là où il n'y a souvent qu'une hypersensibilité injustement taxée d'immaturité :!: ) & dyssynchronie affective qui, elle, s'explique parfaitement :-x

Prenons l'exemple d'un enfant HP de 10 ans : il peut avoir des capacités intellectuelles équivalentes à celles qu'aurait un enfant de 14 ans (ce qui ne veut pas dire qu'il aura la mentalité d'un enfant classique de 14 ans, entendons-nous bien ! Un enfant surdoué a un mode de pensée, un fonctionnement cognitif, qui ne sera jamais celui d'un enfant classique, même si ce dernier est plus âgé. Le surdouement n'est pas défini par une avance sur les autres sur le plan de l'instruction ou de l'apprentissage. Un EIP se positionne sur des échelles de compréhension, d’interprétation & de questionnements radicalement différentes d'un enfant dans la norme). Mais il peut aussi avoir un développement psychomoteur d'un petit enfant de 6 ans, & les besoins affectifs d'un enfant de 8 ans :-|

Ces disparités sont d'autant plus difficiles à vivre pour lui que, de par sa grande acuité, il en a souvent pleinement conscience. Et malgré qu'il sente qu'il n'est pas au même niveau selon les domaines, il se sent impuissant face à ce problème. 

Différences dans le développement intellectuel, affectif & comportemental de l'EIP

La psychologue Jeanne Siaud-Facchin considère pour sa part, & le dévelope dans ses deux ouvrages (voir la page "Biblio") qu'une différence de plus de 12 points (sur l'échelle de Weschler) est à considérer comme une hétérogénéité la sphère verbal & la sphère performance. Plus classiquement, les psychologues s'accordent à dire qu'au delà d'un écart-type (soit 15 points), il y a hétérogénéité.

La différence entre sphère verbale & sphère de performance peut se voir dans les 2 sens : verbal > performance ou performance > verbal.

Dans chacune des configurations, la signification ne sera pas la même.
Cette différence peut être grosso modo d'un écart-type (15 points), comme de beaucoup plus : une 20aine, une 30aine de points, voire plus de 50 points chez certains profils.
Là encore, seul le psychologue est en mesure d'analyser & d'interprêter chaque situation dans son contexte.

Ainsi prenons l'exemple d'un enfant qui obtiendrait les scores suivants (sur l'échelle de Weschler) :
- ICV de 145
- IRP de 120

Il aurait une hétérogénéité importante (de 25 points, soit bien plus qu'un écart-type), ce qui traduirait une dyssynchronie interne (après avoir écarté l'hypothèse d'un problème psychomoteur), le QI de raisonnement perceptif étant en effet plus bas que le QI de compréhension verbale... mais tout de même bien au delà de la moyenne absolue (qui est située à 100 !  ne l'oublions pas)

Ce genre d'écart n'est pas rare chez les personnes douées, bien au contraire.
Ainsi, ce chiffre de "seulement" 120 est malheureusement minoré par le score Verbal très élevé, mais n'en demeure pas moins important au regard de la moyenne établie (la norme fixée).
Il faut donc bien garder en tête qu'un enfant (comme un adulte) avec un tel score n'a aucun déficit par rapport à sa classe d'âge (c'est même l'opposé, puisqu'il surpasse de 20 points la moyenne :!: ).
Ce sont les inégalités internes entre les différentes sphères de sa personnalité qui créeront la sensation de décalage 8-O


• La dyssynchronie dite "sociale" est présentée par J-C Terrassier comme se manifestant entre l'enfant & son entourage (que ce soit le système scolaire, les autres enfants).

L'école n'est, en règle générale, pas adaptée à l'accueil des élèves qu'elle désigne du reste comme étant à besoins spécifiques, & pour cause : l'Education Nationale en France prône l'égalité des chances & a une forte tendance à occulter les différences de capacités intellectuelles.
Ainsi le système éducatif français a été crée pour convenir au plus grand nombre, c'est à dire à des enfants dans la norme, qui avancent à un rythme déterminé à l'avance. Les enfants étant hors norme, quelle que soit leur différence, posent souci dans ce système :-?

Les enfants doués, qui sautent des étapes seuls, & n'ont pas la même manière d'envisager les choses se sentent très rapidement isolés au milieu des autres. Ils finissent par s'ennuyer, se désintéresser de l'école, qui ne va pas à leur rythme, & qu'ils devancent sans cesse dans leurs découvertes.

De même, face à leurs petits camarades de classe, les enfants intellectuellement précoces subiront encore ce terrible décalage & en souffriront inévitablement. Certains feront avec & d'autres n'arriveront pas à surmonter cetts solitude.
Pas assez physiques ou pas intéressés par les jeux collectifs pour jouer avec les plus grands, trop avancés intellectuellement pour discuter avec les "petits"...  les EIP cherchent leur place en permanence face aux autres enfants :oh:

Quand ils le peuvent, ils choisissent bien souvent... les adultes !
Car malgré le rejet de certains adultes, qui ne voient pas pourquoi ces enfants atypiques ne se contentent pas d'aller jouer avec les autres, la population adulte reste malgré tout la seule avec qui les enfants HPI se sentent libres de discuter de sujets qui le passionnent.

La difficulté à intégrer un groupe d'amis est souvent grande. Le problème est amplifié à l'école quand le découpage des groupes se fait uniquement en fonction de critères d'âge !  Le meilleur camarade pour un enfant doué étant certainement un autre enfant doué. Mais encore faut-il avoir la chance d'en rencontrer un dans la classe, & à condition encore que cet autre HP soit dans le même "trip" que votre enfant.

J'ouvre une petite parenthèse pour ajouter une anecdote (par rapport à l'écriture initiale de ce billet en mai 2009) : le zébrillon a eu alors qu'il n'avait encore qu'un an d'avance & était en CE1, un autre garçon HP dans sa classe. Ils avaient le même âge, tous avaient un THQI... mais la ressemblance s'arrêtait là. Ils étaient diamétralement opposés dans leurs personnalités, dans leur façon d'être ou leurs passions. Le mien, très posé, très gentil & calme ne comprenait pas cet EIP vraiment très agité, qui frappait beaucoup (!), parlait très fort & ne tenait pas en place, tant dans la classe que dans la cour de récréation.
Finalement, l'année scolaire s'est déroulée sans qu'ils n'aient jamais sympathisé tous les 2 !!! :roll:

Je referme la parenthèse...
Conséquence directe de cette difficulté à s'intégrer & trouver sa place parmi les autres : l'inhibition intellectuelle :oops:

Ou comment renoncer à l'exercice d'une partie de son intelligence afin d'être mieux accepté des autres, ou en tous cas, afin de ne pas être plus rejeté encore par eux...

Si cette inhibition est identifiée rapidement & prise en charge, expliquée, soignée ; il ne s'agira pas d'une perte définitive du potentiel intellectuel. Seulement d'une baisse de tension si on peut dire, avec un déficit momentané & récupérable de l'efficience. Le risque étant malheureusement que cette inhibition passe inaperçue des années durant, & s'installe. Qu'elle ne laisse derrière elle de trop importantes séquelles dans la construction de la personnalité pour pouvoir recouvrer les capacités d'origine.


Mon zébrillon avait commencé à s'enfermer dans une inhibition intellectuelle qui a été mise en évidence par son 1er bilan psychométrique (Wppsi, passé à 4 ans & quelques mois).
La psychologue nous avait alors fait part de l'urgence de lui faire prendre conscience du fait qu'il ne serait pas mieux accepté par ses camarades de classe en sacrifiant une facette de sa personnalité & en inhibant de toutes ses forces ses facultés, ce qu'il s'épuisait à faire pour tenter de se mettre au niveau des copains.


Il va sans dire qu'il n'avait, en fait, aucune idée du niveau exact de ses petits copains d'école. Par conséquent, pour être certain de se fondre dans le moule & leur ressembler, il mettait la barre très très bas, & jouait à l'imbécile absolu, prenant exemple sur les enfants les moins évolués de la classe... & faisant pire qu'eux dans la cour (en classe, il savait déjà lire & commençait à s'ennuyer ferme) :-o

Le soir même de l'entretien de restitution (auquel il avait assisté, car nous pensons qu'il est primordial pour un enfant de savoir, pour se construire de façon sereine & harmonieuse), en remplacement de la traditionnelle histoire du soir au moment du coucher, je proposais que l'on reparle du rendez-vous chez la psychologue. Afin de réexpliquer ce qui aurait pu être mal interprété, mais aussi de commencer à lui faire intégrer la nécessité impérieuse de bien cerner pour accepter une différence aujourd'hui identifiée, & à laquelle on peut donner une identité, un nom.


Je me lançais donc dans une longue explication, au chevet du lit de mon loustic. Lui indiquant qu'il ne pourrait jamais faire l'unanimité chez ses camarades  ou les gens qu'il croiserait dans sa vie. Qu'il y aurait toujours des enfants qui viendraient vers lui & qui l'apprécieraient, comme d'autres qui le rejetteraient, quoi qu'il puisse faire ou dire. Mais qu'en tout état de cause il n'était pas indispensable pour se faire aimer de ses camarades de classe de travestir ce qu'il était, car il était différent & cela se voyait, se sentait, même en dépit de ses efforts pour ne pas le montrer.
Qu'au contraire, il fallait être soi-même, ne serait-ce que pour être bien dans sa peau & ainsi, avoir de véritables amis qui nous ressemblent & avec qui il est possible de partager des passions communes, des sujets de discussions intéressants.


Très attentif à mon discours, le zebrounet m'avait répondu ceci :

- Je voudrais vraiment pouvoir le faire maman, mais ma tête décide quelque chose & mon corps fait autrement.

A 4ans, la conscience de ces dyssynchronies comme des difficultés à les faire reculer était entière :hypno: :cry:



Liens relatifs aux dyssynchronies & à l'inhibition intellecuelle :


Et les ouvrages des 2 psychologues cliniciens cités dans ce billet :

         

Sur le chemin des apprentissages à la maison il y a...

cette année Loulou est au CP et son envie de lire et d'écrire est immense, bien plus grande que sa peur de l'échec alors il faut pouvoir l'aider et l'accompagner avec plaisir et efficacité.

Depuis ses 4 ans nous avons à la maison "l’extraordinaire abécédaire de Balthazar" et "Balthazar découvre les phonèmes" suivant la pédagogie Maria Montessori.


Grâce et avec eux il a pu se familiariser avec les lettres, les sons ce qui est un plus en ce début d'année scolaire.
L'application Android sur "L'Escapadou" pour le geste et l'apprentissage de l'écriture a été très positive aussi.
https://play.google.com/store/apps/developer?id=L%27Escapadou&hl=fr
Parfois je le surprends à y aller seul avec plaisir pour s'exercer.

Nous avons rajouté à ces supports pédagogiques merveilleux deux livres de lectures et les cahiers d'exercices qui vont avec.
Ils ont été conseillés par une amie institutrice et ils sont vraiment chouettes.
Loulou apprécie bien, ce qui n'est pas toujours gagné avec notre zèbre.





Nous avons d'ailleurs tâtonné car la psychologue qui a diagnostiqué sa précocité m'avait conseillée la méthode globale pour lui qui a une pensée en arborescence et une mémoire de folie.
Oui sauf que Loulou ne peut faire que s'il comprend. Or la méthode globale avait beau ravir sa mémoire, il n'en comprenait pas le sens et elle ne lui permettait pas de déchiffrer!

Nous avons aussi acheté celui-ci qui avait été conseillé sur un blog d'EIP. Mais il plait moins à Loulou.

Pour les mathématiques, cette même amie instit nous a donné ce livre qu'il aime bien aussi et qui n'est pas ennuyeux

Et puis une copine qui fait aussi l'instruction en famille à ses filles m'a donnée ce livre qui permet de voir tout le programme de CP.

Hier Loulou a travaillé sur le chapitre "L'espace", la découverte du monde - se repérer dans l'espace,. Cela lui a permis d'écrire des mots plus compliqués et du coup de moins être dans la répétition des lettres à l'écrit ce qui rapidement l'ennuie.

Voilà nos supports formels de CP pour répondre aux envies et besoins de notre zèbre.
Ce n'est pas toujours facile d'adapter ce qui est demandé par l'inspection académique et ce qui correspond à son enfant précoce. De plus nous avons pour notre enfant comme ligne de conduite le plaisir et la joie d'apprendre et de découvrir.

Face à ses besoins spécifiques nous avons vraiment fait le choix de mélanger les apprentissages formels à beaucoup d'informels.
Le formel pour les apprentissages de base, c'est à dire la lecture et les mathématiques. Et beaucoup d'informel pour l'écriture, la culture générale, les sciences et l'histoire-géo.

Mais quoi qu'il en soit, que ceux-ci soient toujours respectueux de son rythme et de son individualité.